Des études montrent qu’environ 60 % des étudiants admettent avoir triché au moins une fois durant leur parcours académique, et une enquête à l’université de Nantes a révélé plus de 250 cas de plagiat détectés lors d’examens à distance. À cela s’ajoute un facteur nouveau : une enquête du Digital Education Council publiée en août 2024 montre que 86 % des étudiants dans un panel de 16 pays, incluant la France, utilisent des IA génératives et une étude plus récente du Higher Education Policy Institute (février 2025) estime que 92 % des étudiants britanniques y recourent, dont 88 % pour des activités donnant lieu à une évaluation.
Pour les DSI et les directions pédagogiques, la question n’est donc plus d’ordre pédagogique uniquement. C’est une question de responsabilité institutionnelle : la valeur d’un diplôme délivré par votre établissement engage sa réputation, sa crédibilité vis-à-vis des employeurs, et sa conformité aux exigences réglementaires.
La digitalisation des évaluations a décuplé le champ des possibles pour les étudiants mal intentionnés. Les TICE constituent de nouvelles opportunités de fraude : copier et plagier devient plus aisé grâce à l’accès à Internet, la falsification de l’identité est rendue possible à distance, et les étudiants peuvent s’entraider illicitement via des groupes d’échanges en ligne accessibles pendant l’examen.
Trois grandes familles de fraude se distinguent aujourd’hui :
Pour une direction des systèmes d’information, l’enjeu est double. D’un côté, déployer des solutions de sécurisation des examens en ligne interopérables avec le SI existant (LMS, ENT, base étudiants). De l’autre, garantir une expérience candidat fluide — car une plateforme qui plante en milieu d’épreuve expose l’établissement à des recours et à une défiance durable.
Les critères à prioriser lors d’un choix de solution :
Maintenir les modalités actuelles d’évaluation n’est pas une option viable. Interdire efficacement l’utilisation des IA génératives et détecter leur usage a posteriori n’est pas non plus entièrement possible. Les universités doivent repenser leur doctrine de l’évaluation.
Cela ne signifie pas renoncer à la rigueur, bien au contraire. Cela implique de construire des épreuves conçues dès l’origine pour résister à la fraude : questions contextualisées, formats ouverts difficilement générables par une IA, oraux complémentaires, ou encore examens en environnement contrôlé via un navigateur sécurisé.
Le terme proctoring désigne l’ensemble des dispositifs de surveillance à distance des examens. Plusieurs niveaux coexistent, à adapter selon le niveau de risque de l’épreuve et le profil des apprenants.
La surveillance entièrement automatisée repose sur des algorithmes : détection de regards déviants, analyse du comportement à l’écran, signalement d’applications actives en arrière-plan. Elle est rapide et scalable, mais génère des faux positifs et soulève des questions légitimes de RGPD.
La surveillance humaine en temps réel (un surveillant pour un groupe de candidats) offre une meilleure précision et un cadre juridique plus solide. Chez Evaluo, l’identité des candidats est vérifiée manuellement lors de chaque examen sécurisé, par comparaison d’un portrait du candidat avec un document de référence comportant photo. Ce niveau de vérification est comparable à celui d’un examen en présentiel.
La combinaison des deux IA pour le screening, humain pour la validation représente aujourd’hui l’approche la plus robuste pour les établissements à forts volumes.
Le safe browser (navigateur sécurisé) empêche le candidat d’ouvrir d’autres onglets, d’accéder à Internet, ou de copier-coller depuis l’extérieur. C’est le premier rempart technique côté candidat. Combiné à la détection de l’usage d’IA générative il couvre la majorité des vecteurs de fraude documentés. Un établissement qui déploie un navigateur sécurisé réduit mécaniquement l’exposition au risque, sans alourdir le parcours candidat lorsque la solution est bien intégrée.
C’est ici que la question de l’intégrité académique rejoint directement les responsabilités des directions générales et des conseils d’administration.
Un diplôme obtenu dans un contexte d’évaluation non sécurisé expose l’établissement à trois types de risques :
Les universités vont devoir repenser l’évaluation afin de maintenir l’efficacité des formations et la crédibilité des diplômes. Les décideurs qui anticipent ce virage sécurisent non seulement leurs étudiants et ils protègent leur marque institutionnelle.
Pour une DSI, investir dans une solution d’examen en ligne sécurisé n’est pas un projet annexe. C’est une brique de la stratégie de transformation numérique, au même titre que le déploiement d’un LMS ou la mise en conformité RGPD. Les établissements qui l’ont compris traitent la sécurisation des évaluations comme une infrastructure pas comme un outil ponctuel de crise.
Les critères d’une intégration réussie passent par : un hébergement des données conforme au RGPD (idéalement en cloud européen), un accès API pour interconnecter la plateforme d’examen avec les outils existants, et un accompagnement à la prise en main des équipes administratives et pédagogiques.
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